Et si on arrêtait de se comparer aux autres?

Ah, la comparaison! Une maladie typiquement humaine — parce que je ne crois pas que les chats sont mutuellement jaloux de leur pelage soyeux ou de leur sorte de croquettes — qui a vu le jour en même temps que nous.

Les gens se comparaient dans l’Égypte antique («Est-ce que mon trait de eyeliner est aussi beau que celui de Cléopâtre?»), au Moyen-Âge («Sa récolte de patates est meilleure que la mienne») et encore aujourd’hui («Je veux un iPhone 8 moi aussiii!!!). Excepté, qu’aujourd’hui, au lieu de simplement te comparer à ta voisine ou à ta collègue, tu te compares à toutes les autres femmes du monde entier. Télévision, internet, réseaux sociaux: Mme Comparaison Maladive nous respire toujours un peu dans le cou avec son haleine toxique qui nous donne tranquillement le cancer incurable de l’insécurité. Et pour vrai, je commence à trouver ça f*$&#! gossant.

Oui, je considère qu’une certaine dose de comparaison peut être saine, tant qu’elle sert de source d’inspiration. Exemple? Quand je lis des journalistes/blogueuses que j’admire et que je me dis que, un jour, je pourrais être comme elles moi aussi (allô Laura Brown et Leandra Medine!). Ça me motive. Mais la ligne est fine entre «sain» et «malsain»; il n’y a que trois lettres de différence après tout.

Mon problème est que je m’enfarge trop souvent sur cette ligne. J’ai toujours su que les réseaux sociaux n’étaient pas top pour la confiance en soi pour quiconque souffre d’insécurité (genre tout le monde), mais j’ai récemment constaté leur influence sur ma fragilité quand j’ai quelqu’un m’a demandée: «Est-ce que ça t’es déjà arrivée de regarder ton feed Instagram et de te sentir MIEUX après?»

Vous? Moi non. Jamais. Après avoir scrollé des dizaines de photos sur une base régulière, mon état d’âme général se résume plutôt à envieuse, blasée et, oui, quelques fois déprimée.

Est-ce que tout ça m’affecte plus parce qu’une partie de mon travail est sur les réseaux sociaux? Peut-être. Parce qu’en plus de comparer ma vie et mon corps à des socialites, des célébrités et des mannequins qui sont payées des millions en échange de cinq heures au gym par jour, je compare ma valeur professionnelle aux Instagrammeuses à succès. «Pourquoi elle a autant de followers? Ses photos ne sont même pas si belles. Peut-être si j’étais plus sexy? Pourquoi elle et pas moi? Bla bla bla.»

Je sais, je sonne comme une vieille grincheuse, mais mon but n’est pas de me plaindre. Je me plains plutôt du fait que je me plains en premier lieu, vous comprenez? C’est comme si, malgré moi, à force d’être exposée à ces milliers de gens à longueur de journée (certains que je connais et d’autres qui sont de parfaits inconnus), j’étais conditionnée à les envier.

Je sais toujours que j’ai atteint les bas fonds quand je me retrouve sur le compte de Brittany, la cousine du chum d’une des followers de Kylie Jenner et que je me dis: «Wow, j’aimerais ça avoir une maison comme ça un jour.» C’est mon cue pour fermer mon cellulaire et remplir mon cerveau de choses utiles. Ça peut paraître anodin comme truc, même un peu drôle, mais si j’additionne toutes ces dizaines de fois où je dis «Wow, j’aimerais ça avoir…», ça commence à faire beaucoup de temps à me concentrer sur ce que je n’ai pas.

Et le pire dans tout ça est que, pendant que je suis jalouse du full bel appart de Brittany qui habite en Californie, ce n’est pas comme si je travaillais à créer cette vie tant rêvée. Et d’ailleurs, est-ce que j’en rêve tant que ça de cette fameuse vie? Ou est-ce que à force de voir ces fameuses images sur mon cellulaire, au même titre que de la pub, je finis par envier des gens et des trucs dont je me fous éperdument? Et qui sait, peut-être que Brittany vient de se faire laisser là par son chum. Peut-être que Brittany vient d’apprendre que sa mère a le cancer. Peut-être que Brittany est née dans un milieu défavorisé et qu’elle a travaillé fort et qu’elle le mérite ce bel appartement là. MAIS COMMENT EST-CE QUE JE ME SUIS RAMASSÉE SUR LE COMPTE DE BRITTANY ANYWAYS?!?

Peut-être que certaines d’entre vous lisent ce post et n’y comprennent rien à rien! C’est normal — je connais certaines filles qui ne semblent pas du tout affectées parce ce qui semblent parfois être une immense cours d’école digitale où toutes les filles s’obstinent pour savoir qui est «la plus toute». J’aimerais tellement faire partie de cette gang-là, mais pas pantoute.

Quand j’étais au secondaire, même si j’étais considérée comme une «bolée», quand je faisais un examen et que j’avais de la difficulté avec une question et que je voyais ma voisine répondre avec les deux doigts dans le nez, je bloquais et je commençais à angoisser. Les réseaux sociaux me font le même effet. Même si je sais que tout ça n’est qu’une belle illusion d’optique et que personne n’a exactement la vie projetée sur leur compte Instagram, je ne peux pas m’empêcher d’avoir l’impression que tout le monde avance à 200 km/h dans une auto flambant neuve, alors que je boite à la vitesse d’une grand-mère en marchette.

Le truc avec les réseaux sociaux est que, moindrement que tu as une faille dans ta carapace (aussi connue sous le nom «d’insécurités»), ils s’y immiscent pour foutre la gangrène partout là-dedans.

J’aurais aimé pouvoir terminer ce post en vous disant que j’ai vaincu toutes mes insécurités comme une championne et que Instagram et moi sommes devenus des besties, mais clairement, je ne suis pas rendue là. J’avais juste besoin que ça sorte et de constater que je ne suis peut-être pas toute seule. En attendant de vous trouver des trucs pour entretenir une relation plus saine avec les médias sociaux, je retourne voir l’appart de Brittany.

Qu’est-ce que vous pensez de tout ça? Est-ce que vous vous comparez beaucoup aux autres? Est-ce pire avec les médias sociaux? Quels sont vos trucs? Laissez-moi savoir dans les commentaires!

Photo par Melika Dez

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SaveSave

7 commentaires

  1. Je ressentais exactement ce feeling là, j’ai donc fermé tout mes médias sociaux sauf Pinterest pendant plus de 2 ans. Pendant ce 2 ans la, j’ai travaillé sur moi-même et ma confiance en moi. Maintenant je peux dire que je vais sur les réseaux sociaux un peu trop, mais que je suis capable de faire la différence entre ce que je vois et ce que je veux. Et surtout, je me suis désabonné des contenus que je jugeais non pertinents ou qui contribuait à m’envoyer une image irréaliste de la vie!

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  2. Comme tu l’as dit, je pense que se comparer est un phénomène complètement humain. Malheureusement. Honnêtement ça m’arrive très souvent aussi et je pense que les réseaux sociaux, et surtout Instagram, accentuent énormément la chose. Ça ne m’empêche pas de poster des photos et j’essaye de relativiser quand je vois certaines filles qui ont plus de 1 000 followers alors que je stagne à 380… :)

    Aimé par 1 personne

  3. Moi, Joëlle, en toute sincérité et objectivité, je veux te dire que tu es brillante, belle, originale, te regarder Toi Joëlle, est rafraîchissant, tu es saine !!
    C’est du baume pour les yeux…
    On a pas envie de t’envier, seulement envie de te revoir, de te relire et d’embarquer dans ton train…. Je t adore! xxx

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